Miroitier

Entreprise de miroiterie

Le miroitier est un artisan qualifié qui met en valeur l’art de la miroiterie. Si auparavant ce métier a été négligé vu les dures conditions de travail, aujourd’hui l’époque a bien évolué et le miroitier est devenu un métier qui a de beaux jours devant lui. Pour connaitre tous les secrets de ce métier passionnant, il est important de retourner en arrière pour découvrir les origines de l’histoire de la miroiterie.

De l’antiquité…

Avant de prendre sa forme d’aujourd’hui, l’art de la miroiterie a traversé le temps durant plusieurs siècles en suivant la tendance des années. Voilà pourquoi, l’histoire de la miroiterie est un peu confuse, voire même complexe. Pourtant, il existe quelques dates marquantes qui retracent l’évolution de cet art.

En effet, les miroirs ne sont pas des objets contemporains. Ils existent déjà depuis l’antiquité. Pour avoir ainsi un miroir qui a un meilleur reflet, les artisans ont eu l’idée de polir des métaux pour disposer une surface réfléchissante. Mais cette pratique traditionnelle a été très vite abandonnée et laisse place à une méthode presque moderne qui consiste à placer une feuille de verre sur une feuille de métal. Cette nouvelle pratique a été surtout observée en Italie avec l’explosion de la miroiterie industrielle notamment à Venise et à Monza. Durant cette époque, la demande en miroirs ne cesse d’augmenter en Europe et ces deux petites villes arrivaient à ravitailler l’Europe toute entière. Pourtant, personne ne peut échapper aux difficultés, car toutes les requêtes en termes de dimensions ne pourront pas être contentées. En effet, la méthode de fabrication des miroirs était limitée en termes de taille. Autrement dit, le procédé de conception ne permet pas aux miroirs de dépasser la longueur d’un mètre quarante en soufflant tout simplement le verre. Ce n’est pas rare ainsi de constater des miroirs cassés durant le transport car les vitres semblent très fragiles.

L’art de la miroiterie en France

La miroiterie a fait son entrée en France il n’y a pas longtemps. Auparavant, les anciennes habitations ne disposaient même pas de fenêtres. Ces dernières ont commencé à apparaitre en France au 5è siècle mais des fenêtres dépourvues de vitre. Pour se protéger ainsi des intempéries comme la pluie, on utilisait les toiles cirées, les planches de bois ou encore les peaux de bête. L’idée n’était pas mal mais la protection n’était pas optimale. À partir du 15è siècle, avoir des vitres à ses fenêtres était encore un luxe. Mais l’idée se démocratise peu à peu au 17è et 18è siècles. Etre un miroitier à cette époque-là est synonyme d’un métier pénible car on est obligé de partir ailleurs avec ses outils et son stock de vitres pour sillonner d’autres endroits afin d’éviter l’exploitation dans son propre village. Entendre crier « vitrier, vitrier » n’était pas donc une surprise !

L’industrie de la miroiterie est arrivée en France en 1665 pour mettre fin à la concurrence aux italiens. Avec la méthode utilisant le verre soufflé, les miroirs n’ont pas pu atteindre la taille souhaitée. Pour remédier à cela, un nouveau concept a révolutionné l’univers de la miroiterie en 1688. En effet, Louis Lucas de Nehou a découvert le coulage des glaces. C’est ainsi à Paris que la première fabrique de glaces coulées a vu le jour. Par la suite, ceci s’est transféré à Saint-Gobain.

La fabrication d’un miroir n’est pas un jeu d’enfant. Ceci requiert une certaine compétence et des dispositifs appropriés. Au 19è siècle, un artisan miroitier fait du miroir en étalant une feuille d’étain sur laquelle il appliquait une couche de mercure. De la même taille que la feuille d’étain, la vitre jaillit sur la feuille qui repousse le mercure tout en laissant sécher une surface plate réfléchissante. C’est la glace issue de cette fabrication qu’on installe par la suite sur un meuble.

C’est vrai qu’utiliser du mercure est très dangereux. Pour minimiser ainsi la toxicité de la fabrication, l’utilisation de ce produit toxique a été délaissée pour être substituée par une fine couche d’argent métallique. Ce procédé moderne permet d’étendre la gamme de miroirs produits avec un prix accessible à tous les budgets. De nos jours, le procédé le plus courant est l’utilisation d’une couche d’aluminium ou d’argent sous vide.

Verre : le matériau principal des miroitiers

Naturel et résistant, le verre est devenu un matériau populaire qui s’invite presque partout : dans les maisons, dans les immeubles et même dans les rues. Ce matériau écologique et recyclable à l’infini fait l’objet d’une variété d’innovations audacieuses et ambitieuses. Voilà pourquoi, le verre est la matière première utilisée dans d’innombrables domaines technologiques notamment le pyrex, le verre-gel ou encore la fibre de verre. Dans le monde du bâtiment, le verre a un avenir flamboyant. Ce matériau durable sublime les bâtisses pour illuminer nos intérieurs. Actuellement, l’utilisation du verre est réglementée par la norme RT 2012 qui oblige les nouvelles constructions à avoir une surface vitrée d’au moins 1/6ème de la surface habitable pour bénéficier d’un rayonnement solaire optimal. Cette réglementation a pour objectif de réduire la consommation d’énergie.

On le sait tous qu’avec  les nouvelles applications, le verre n’a pas fini de surprendre et continue d’embellir nos maisons notamment les escaliers, les dalles de sol, les parois de douche ou encore les crédences de cuisine.

Les différents acteurs du verre

Dans le monde de la miroiterie, il existe trois secteurs d’activités bien précis.

En premier lieu, vous avez la fabrication du verre proprement dite. En effet, le verre est conçu dans des unités de fabrication nommées float, d’une dimension standard de 6,00 m × 3,21m, qui sont des fonderies de métaux. La fabrication est entièrement automatisée avec tout simplement des travaux de contrôle et de maintenance. Avec une production de 400 à 1000 tonnes de verre par jour, tout est revendu aux transformateurs de produits verriers ou bien au secteur de l’automobile.

Le deuxième secteur est la transformation du verre en des produits verriers. Après avoir reçu le verre de base venant des fabricants de verre, ceci est transformé en un autre produit fini. Pour cela, le résultat peut être du verre trempé, du verre façonné, du verre feuilleté ou encore du double vitrage. La transformation dépend grandement aux demandes des particuliers et des clients. Il arrive même que certains transformateurs conçoivent les produits verriers et se chargent eux-mêmes de la pose.

Enfin, la pose du vitrage fait également partie du domaine de la miroiterie. Cette activité consiste à installer les vitrages sur les chantiers. Après la commande des vitrages qui respectent minutieusement les demandes, place à la pose qui demande beaucoup de techniques afin de contempler l’esthétique du verre.

Miroitier : le métier proprement dit

Le miroitier est un technicien de produits verriers. Les techniques de traitement du verre ont beaucoup évolué depuis quelques décennies. Pour cela, son métier ne consiste pas à la fabrication du verre. En effet, cet artisan spécialiste du verre à destination du bâtiment se charge de la découpe du verre avant de le poser et l’installer dans les baies vitrées, les vitrines ou les doubles vitrages. Quand on évoque le métier de miroitier, il représente deux métiers différents.

D’un côté, il y a le miroitier du bâtiment qui s’occupe de la pose des surfaces de verres de diverses dimensions et de plusieurs épaisseurs utilisées pour protéger, isoler ou décorer de nombreux bâtiments tels que les maisons, les immeubles, les magasins ou les vérandas. Pour cela, les tâches du miroitier sont basées sur la découpe des verres et la pose sur des supports préalablement construits. Comme les produits à manipuler sont lourds, il exige ainsi l’utilisation des engins de portage spéciaux. Si vous avez ainsi besoin d’un miroitier du bâtiment pour la pose de votre escalier en verre ou de votre véranda, de nombreux miroitiers professionnels sont disponibles tout près de chez vous.

D’un autre côté, le miroitier d’art se spécialise dans la transformation du verre plat fabriqué par des entreprises. Autrement dit, il réalise divers objets comme les miroirs ou les habillages muraux. Dans son atelier, le miroitier prend le verre, le coupe et le façonne. Par la suite, il détermine les dimensions de l’objet à fractionner à l’aide d’une molette en acier. Il utilise également une machine spéciale utilisant un abrasif en solution dans de l’eau sous pression. Le miroitier s’occupe du verre en enlevant les matières, en le polissant par frottement ou le taillant en biseau. Selon les demandes, le miroitier d’art façonne par exemple un miroir personnalisé entièrement décoré ou gravé selon les goûts de tout un chacun. Outre la personnalisation, un miroitier d’art est également sollicité dans la restauration de miroirs anciens.

En ce qui concerne le verre plat, c’est un matériau qui dispose une variété d’applications. En 2005, sachez que 49% du marché de verre plat ont été utilisés dans le bâtiment et la décoration et 51% dans le secteur de l’automobile

Qualités et compétences d’un miroitier

Comme le miroitier est un artisan hautement qualifié, il doit avoir des qualités nécessaires à son travail. Pour cela, un miroitier doit être une personne méticuleuse. En effet, son métier exige une certaine précision lors de la découpe. Il doit ainsi respecter les mesures au millimètre près pour ne pas fausser les dimensions. Etre rigoureux est également indispensable dans l’exercice du métier de miroitier. Ce métier considère d’innombrables paramètres notamment le respect des délais ou encore la gestion des relations avec des clients. Le métier d’un miroitier demande également une personne curieuse qui s’intéresse aux nouvelles technologies numériques.

Concernant les compétences, le miroitier doit avoir de nombreuses qualifications comme la lecture de plans, la prise de mesures ou la vérification d’aplomb et de niveau. Il est également important d’avoir des notions en termes d’étanchéité, d’isolation phonique, de domotique et d’électricité.

Comment devenir un miroitier ?

Pour vous préparer aux métiers du verre, différentes formations s’offrent à vous. Pour la filière BTP, ce métier est accessible avec un BTS enveloppe du bâtiment façades étanchéité, un CAP menuisier aluminium-verre, un Bac pro menuiserie aluminium-verre ou un BP menuiserie aluminium-verre.

Pour la filière artistique, vous avez le CAP arts et techniques du verre, option décorateur sur verre, le Bac pro artisanat et métiers d’art, option verrerie scientifique et technique, le BMA (brevet des métiers d’art) verrier décorateur ou encore le DMA (diplôme des métiers d’art) décor architectural, option arts du verre et du cristal.

Grâce à ses diverses formations, devenir le futur artiste du verre sous toutes ses formes est à votre portée.

Avenir du travail de miroitier 

Le miroitier est un si beau métier qui a encore un bel avenir devant lui malgré l’arrivée des technologies de pointe. Il y a une cinquante d’année, ce métier a fait face à l’apparition de la découpe laser qui a révolutionné ce métier de précision. En effet, cette technologie a apporté une grande innovation à l’univers de la miroiterie grâce aux découpes, aux gravures et aux marquages de haute précision. En outre, le laser est également un système incontournable pour réaliser l’élaboration et la création des différentes pièces en verre.

Métier exigeant qui nécessite le sens des responsabilités et le souci de la perfection, le miroitier se perd de plus de plus avec l’évolution de la technologie. Plus qu’un artiste, ce spécialiste du verre disparait peu à peu avec le temps. Actuellement, les gens s’intéressent davantage aux métiers de bureau qui utilisent un ordinateur puissant. Par conséquent, ce métier qui découpe et façonne le verre à la main devient rare. Pourtant, être miroitier est un métier noble qui valorise le verre, un matériau naturel et écologique.

Comme les candidats deviennent moins nombreux, sachez le secteur de la miroiterie recrute énormément. Le salaire d’un miroitier débutant peut atteindre les 1200 € brut par mois que ce soit en bâtiment ou en métier d’art. Après quelques années d’expérience, il peut gravir les échelons  afin de gagner un salaire de 1500 à 2000 € brut par mois. Il peut également s’installer à son propre compte comme artisan et créer sa propre entreprise. Dans ce cas, son salaire peut varier selon ses commandes.